pourquoi la seine -saint -denis ?

Publié le par elkarati

Le département de la Seine-Saint-Denis a été créé le 1er janvier 1968, en application de la loi du 10 juillet 1964, conformément au décret d'application du 25 février 1965, à partir de la partie nord-est de l'ancien département de la Seine (24 communes) et d'une petite portion de celui de Seine-et-Oise (16 communes).

La création du département, qui répondait à l'origine à la disparition des anciens départements de la Seine et de la Seine-et-Oise, et à la dissolution du District de Paris, a été motivée par le souhait plus ou moins implicite du pouvoir politique de l'époque de cantonner dans un espace déterminé ce qui pouvait constituer un obstacle majeur à la mise en oeuvre de la politique gaulliste, c'est à dire la présence du Parti communiste français, celui ci ayant, de par son influence dans les communes de la Seine banlieue, réussi à plusieurs reprises à exercer la présidence du Conseil général de la Seine.

La Seine-Saint-Denis était, quelque part, comme la concession tacite d'un territoire donné à la principale force politique d'opposition de l'époque.

Par voie de conséquence, elle permettait d'envisager que les deux autres départements constitués dans la proche banlieue ( Hauts-de-Seine et Val-de-Marne ) échapperaient à l'influence de cette même force d'opposition, tout en bénéficiant des programmes les plus déterminants d'aménagement urbain ( La Défense pour les Hauts de Seine notamment, ou encore le secteur de la Ville Nouvelle de Créteil ).

Cependant, comme pour les deux autres départements de la petite couronne, le subtil découpage territorial était organisé de telle sorte que ce qui avait constitué pour l'essentiel la ' banlieue rouge ' depuis l'époque du Front Populaire ( les anciennes communes du département de la Seine ) soit ' tempéré ' par adjonction de communes issues de la Seine-et-Oise, réputées a priori moins portées à choisir des élus de gauche, et surtout communistes, pour les représenter.

Illustre notamment cette situation le choix délibéré et parfaitement arbitraire de la ville sous préfecture, issue de Seine-et-Oise, la petite ville bourgeoise, créée de toutes pièces sous le Second Empire, le Raincy.

Au regard de sa sociologie, de la réalité de ses activités économiques, Le Raincy était ( et demeure ) parfaitement atypique dans le département.

De même, alors que St Denis était sous préfecture de l'ancien département de la Seine, et aurait pu voir confirmer cette fonction, c'est Bobigny, placée au centre du département, qui fut finalement désignée ville Préfecture, alors qu'elle n'était, au début des années 1960, qu'une ville moyenne à vocation industrielle et à l'habitat souvent marqué par l'insalubrité et la précarité.

Les questions de l'aménagement urbain et de l'évolution économique ont constitué la trame de l'histoire séquano dionysienne depuis la création du Département.

Toutes les villes de l'ancien département de la Seine ont été confrontées, dans les années 1960 et 1970, à la nécessité de lutter contre l'habitat insalubre, les bidonvilles et les logements indignes et toutes ont mené, à des degrés divers, des politiques ambitieuses de réalisation de programmes locatifs sociaux, par la constitution d'un parc social très important dont la qualité de vie était réelle à l'époque de sa mise en oeuvre.

Ceci dit, la maîtrise de ce développement urbain n'a pas été totalement dévolue à l'origine aux collectivités locales, et l'existence de l'Office Interdépartemental de la Région Parisienne ( organisme HLM contrôlé par la Préfecture de Région et la Ville de Paris ) a motivé que certaines réalisations, décriées par la suite, aient été faites sans contrôle réel des collectivités locales.

C'est notamment le cas des ensembles immobiliers des 4000 de la Courneuve ou du Clos Saint Lazare à Stains.

Cette maîtrise urbaine a également été nettement moins forte dans les communes issues de l'ancien département de Seine-et-Oise, où la grande majorité des programmes d'habitat social réalisés l'ont été soit sous la responsabilité de l'OIRP, soit sous celle de sociétés HLM privées, issues notamment de la Caisse des Dépôts et Consignations, ou filiales des organismes collecteurs du 1 % logement.

C'est notamment le cas des ensembles des 3000 logements à Aulnay sous Bois ou de celui des Beaudottes à Sevran.

Enfin, dans certains cas, le choix de la réalisation de grandes copropriétés a été validé en lieu et place de la réalisation de logements locatifs sociaux.

C'est notamment le cas de l'ensemble des Bosquets sur Clichy Montfermeil, qui a constitué, sur la durée, l'un des quartiers les plus difficiles du département, dans le cadre de la politique de la ville.

Mais elles ont aussi été confrontées à la désindustrialisation progressive de l'ensemble de la région Parisienne, et singulièrement de la proche banlieue, notamment parce que le pouvoir gaulliste ( et le pouvoir pompidolien après lui ) favorisait l'implantation d'entreprises de production dans le cadre de l'aménagement du territoire dans les autres régions de France, y compris celles n'ayant que peu de tradition industrielle.

Cette situation a fait de la Seine-Saint-Denis l'un des départements les plus touchés par le phénomène des friches industrielles, et l'un de ceux les plus précocément et les plus lourdement frappés par le chômage.

Ce processus a notamment affecté des communes comme Saint Denis, Saint Ouen, Aubervilliers, Pantin, Montreuil sous Bois, La Courneuve ou encore le Bourget, Drancy ou Bobigny, toutes villes de riche et importante tradition industrielle, notamment dans l'ensemble des activités liées à la métallurgie, toutes villes frappées par les réductions massives d'effectifs, les fermetures d'entreprises et les délocalisations d'activité.

L'activité économique ( cf. ci dessous ) a connu des évolutions ultérieures importantes, notamment de par la réalisation et le développement de la zone de Roissy en France mais aussi par la relance des activités sur les anciennes communes à vocation industrielle.

l'histoire récente de la Seine-Saint-Denis, c'est aussi un aménagement du territoire dont il a fallu corriger les erreurs au fil du temps, et qui est encore loin de répondre aux attentes naturelles des habitants.

Ainsi, l'autoroute du Nord a t elle constitué, pendant de longues années, une véritable blessure ouverte dans le paysage urbain entre Saint Denis et jusqu'à Garonor, morcelant les quartiers et les villes et générant une paupérisation progressive des riverains.

De même, le département est, de longue date, l'objet de luttes importantes en matière de transport public, dont la moindre preuve n'est pas la difficulté que met encore l'Etat à financer l'extension du métro parisien au delà du périphérique.

Pour autant, le département a été l'un des premiers de France à se doter d'un tramway favorisant les liaisons entre banlieues, par la réalisation de la ligne T 1, entre Bobigny et la Courneuve dans un premier temps, parcours étendu vers la gare de St Denis à l'Ouest ensuite, puis vers Noisy le Sec à l'Est.

Le Département attend des prochaines années qu'elles soient marquées par la poursuite de l'extension de ce réseau, vers la Défense sur le côté Ouest et vers Rosny sous Bois et Montreuil sous Bois dans l'autre direction.

Il attend également la prolongation de la ligne 12 du métro parisien vers la Plaine Saint Denis et l'ouverture de la Tangentielle Nord, entre Sartrouville et Bobigny, par réutilisation de la voie ferrée de grande ceinture aujourd'hui dévolue au seul trafic de marchandises.[

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Publié dans geographie

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