le 93 :une population métissée
Les habitants de la Seine-Saint-Denis sont les Séquano-Dionysiens.
La Seine-Saint-Denis est l'un des départements français comptant le plus d'immigrés, ou de personnes issues de l'immigration. La mortalité infantile y est la plus élevée de France métropolitaine (5,7 pour mille).
Cette immigration est d'ailleurs particulièrement ancienne et participe de l'identité départementale.
En effet, dès le développement industriel de la seconde moitié du XIXe siècle, les communes de l'actuelle Seine-Saint-Denis accueillent des populations de travailleurs issus de l'immigration.
Cela commence notamment par des immigrés d'origine Belge ou Espagnole, notamment dans les métiers difficiles du bâtiment ou encore de la chimie ( colorants par exemple ), les verreries ou encore la teinturerie et la mégisserie.
Dès la fin des années 1880 - 1890, une ville comme Saint-Denis accueille aussi des immigrants venus d'Afrique du Nord.
Ce mouvement accompagne, faut il le souligner, l'arrivée massive d'immigrés de l'intérieur ( Bretons, Limousins, Auvergnats, Flamands, Lorrains, Hainuyers ou Alsaciens ) venus travailler dans les industries parisiennes.
L'ensemble des grandes vagues d'immigration, notamment après chacune des guerres mondiales, s'est manifesté en Seine-Saint-Denis : Espagnols et Italiens entre 1920 et 1940; Nord Africains après la Seconde Guerre Mondiale, Portugais et encore plus récemment Chinois, Turcs ou Africains des pays situés au Sud du Sahara.
Dans les plus grandes villes du département, il n'est pas rare de rencontrer des personnes originaires de plusieurs dizaines de pays, sinon même de plus de cent pays différents.
Cette diversité d'origine est aujourd'hui entrée dans une nouvelle phase, faisant notamment de la population séquano-dionysienne l'une des plus métissées du pays.
Les données du recensement général de la population 1999 sont les suivantes : le département compte un peu moins de 1 383 000 habitants, dont près de 260 000 sont de nationalité étrangère ( dont plus de 40 000 nés en France ) et plus de 126 000 des Français par acquisition, représentatifs de ce qu'il est convenu d'appeler la seconde génération.
Notons d'ailleurs que le département compte aussi, entre autres spécificités, près de 40 000 habitants nés Français à l'étranger ainsi que plus de 42 000 Domiens d'origine, chiffre sans équivalent en France métropolitaine.
En effet, Paris ne compte par exemple qu'un peu plus de 27 000 Domiens et les Hauts de Seine, département de population comparable, moins de 22 000.
Les données des recensements réalisés depuis 1999 devraient se traduire par un accroissement du nombre des résidents français d'origine étrangère, et une contraction de l'effectif des personnes de nationalité étrangère.
Une population, faut il le souligner, de plus en plus formée, prolongeant de plus en plus ses études, et qui constitue l'un des potentiels de développement futur du département, et du pays en général.
En effet, sur les 191 730 jeunes âgés de 15 à 24 ans résidant en 1999 dans le département, 123 448 étaient encore scolarisés tandis que 23 694 avaient terminé leur scolarité en obtenant un diplôme au moins équivalent au baccalauréat de l'enseignement secondaire.
A contrario, le département comptait également 18 529 jeunes dépourvus de diplôme ou de niveau certificat d'études primaires, soit environ 10 % de la tranche d'âge. Cette situation est cependant en évolution sensible puisque ces faibles niveaux de formation initiale touchaient, en 1999, le quart des Séquano-Dionysiens âgés de 30 à 39 ans et plus de 45 % de ceux âgés de 40 à 59 ans.
Mais, bien entendu, ces jeunes sans qualification sont particulièrement soumis aux aléas de la vie professionnelle et rencontrent des difficultés grandissantes d'insertion sociale et professionnelle