disparition d'une personnalité de la Seine-Saint-Denis:Emile Papiernik

Publié le par noureddine elkarati

Mort du père de l’obstétrique moderne

Disparition . Grâce à Émile Papiernik, le taux de mortalité périnatale a reculé dans notre pays.

L’anesthésie péridurale, l’échographie, le monitoring, les deux semaines de congé pathologique en plus du congé maternité… Toutes ces pratiques, toutes ces techniques qui ont sorti l’obstétrique de la préhistoire, nous les devons à Émile Papiernik, qui est décédé vendredi 7 août à l’âge de soixante-douze ans. Éminent médecin, gynécologue hors pair, l’homme a veillé, tout au long de sa vie, à oeuvrer au plus près des gens, en intégrant les données sociales et culturelles à sa pratique médicale.

C’est le premier accouchement de sa femme (1962) qui transforme le brillant interne cancérologue en gynécologue-obstétricien. Confronté aux moyens dérisoires de la médecine dans ce domaine, Émile Papiernik décide de changer de spécialité. Les conclusions de ses travaux sur la prévention de la naissance prématurée feront autorité et seront adoptées dans bien des pays. En France, elles inspirent la politique de santé et le résultat est remarquable : en une dizaine d’années, le taux de mortalité périnatale est divisé par deux.

Chef de service à l’hôpital Antoine-Béclère de Clamart (Hauts-de-Seine), le gynécologue se bat pour prévenir les grossesses difficiles, pour sécuriser les accouchements risqués, pour éviter la prématurité. Quitte à bousculer son administration, réticente à l’idée d’acheter un échographe, par exemple. C’est lui qui recrutera le professeur René Frydman, à l’origine de la naissance du premier bébé-éprouvette, née dans sa maternité.

À la fin des années 1980, Émile Papiernik va travailler avec le département de la Seine-Saint-Denis qui ne se résout pas à avoir un taux de mortalité périnatale supérieure à la moyenne nationale. Trois ans d’études, un an pour construire un réseau de professionnels, notamment via les PMI, et la réussite était totale.

Dany Stive

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Publié dans edito

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