une présentation de l'histoire du 93 par profession banlieue

Publié le par elkarati

Le département de la Seine-Saint-Denis est fortement marqué par son histoire.
Au début du XIXe siècle, la banlieue nord est à peu près le seul secteur de l’agglomération parisienne qui soit une vaste plaine, où il était facile de construire des canaux (1820) et des voies ferrées (1840-1850). Ces conditions ont été favorables à un développement précoce de l’industrie, avec des industries de transformation première, consommatrices d’une main-d’œuvre nombreuse et peu qualifi ée.

Mais dès les années soixante, la désindustrialisation est amorcée et la Seine-Saint-Denis sera, en Île-de-France, le département le plus touché par cette situation. 100 000 emplois industriels vont disparaître en 25 ans, soit 45 % du potentiel ; au recensement de 1975, les ouvriers représentaient 41,2 % de la population active, contre 31,3 % en 1990 et 27,3 % en 1999. Enfin, ce déclin de l’industrie ne sera pas compensé, dans un premier temps, comme ailleurs, par une croissance du secteur des services.

L’industrialisation de la Seine-Saint-Denis avait été accompagnée par la construction de logements ouvriers. Mais au lendemain de la seconde guerre mondiale, la crise du logement entraîne la construction des grands ensembles, tant par les communes communistes de Seine-Saint-Denis pour améliorer le sort de la classe ouvrière, que par la ville de Paris à la suite d’opérations de rénovations de certains quartiers populaires ou de résorption des bidonvilles. Ce double mouvement explique l’importance du logement social dans le département : plus de 35,9 % du total des logements en 1999.

Cette histoire « ouvrière » explique pour partie les données actuelles en matière de caractéristiques socio-démographiques, économiques, de peuplement, etc., et la place particulière de la Seine-Saint-Denis dans la région francilienne.



Quelques chiffres

Population
  • 1 396 000 habitants*.
  • 12,6 % de la population de l’Île-de-France.
  • 5 916 habitants au km2*.
  • Augmentation estimée de 1999 à 2003 : + 13 000 habitants.
  • Excédent naturel 1990-1999 : 125 822 habitants.
  • Déficit migratoire entre 1990 et 1999 : - 124 158 habitants.
* INSEE, recensements de population 1990, 1999 et estimations localisées de population au 01.01.2003. Données provisoires.
Source : Chiffres-clés de la région Île-de-France, Insee, 2005


Jeunesse
  • 29,1 % de la population a moins de 20 ans*.
  • Proportion plus forte dans le nord du département où fréquemment le taux avoisine 30 à 35 % de la population totale, et à Clichy-sous-Bois où il atteint 38,6 %.
* INSEE, estimations localisées de population au 01.01.2003. Données provisoires
Source : Chiffres-clés de la région Île-de-France, Insee, 2005 / INSEE recensement 1999

Étrangers
  • 258 850 étrangers recensés en 1999 soit 18,7 % de la population du département.
  • L’Algérie et le Portugal sont les pays les plus représentés. Les étrangers sont particulièrement présents dans les communes de l’arrondissement ouest et à Clichy-sous-Bois.
Source : Pauvreté-précarité en Seine-Saint-Denis, CPAM Seine-Saint-Denis, nov. 2005


Urbanisation
  • Plus de la moitié des communes compte plus de 30 000 habitants. Les trois villes les plus peuplées sont Montreuil (90 735), Saint-Denis* (94 700) et Aulnay-sous-Bois* (80 500). Elles figurent également parmi les plus peuplées d’Île-de-France.
* INSEE, recensement de la population 2004. Estimations
Source : INSEE recensement 1999

Logement
  • Le parc de logements a fortement augmenté entre 1990 et 1999. Il compte 580 465 logements dont 90,3 % de résidences principales et 8,5 % de logements vacants.
  • Les logements en immeuble collectif sont majoritaires : 73,8 % de l’ensemble des résidences principales.
  • Le parc locatif social représente 35,9 % du total des logements.
  • 63 % des locataires habitent dans du logement social.
Source : INSEE recensement 1999

Population active
  • 674 000 personnes sont actives.
  • Le taux d’activité global* s’élève à 48,6 % contre 50 % en 1990.
  • La proportion des actifs ayant un emploi s’est fortement réduite : 82,6 % contre 87,9 % en 1990.
  • La commune où l’on travaille n’est pas forcément celle où l’on habite : 79 % des actifs occupés ne travaillent pas dans leur commune de résidence, et 50 % des actifs travaillent dans un autre département.
  • Le taux d’emploi* est de 0,73 %.
* Le taux d’activité global comptabilise le nombre d’actifs ayant un emploi rapporté à la population totale, y compris les 0-15 ans et hors militaires du contingent
* Le taux d’emploi rapporte le nombre d’emplois existant dans la commune au total des actifs
Source : INSEE recensement 1999


Chômage
  • Le taux de chômage était de 13,3 % au 3e trimestre 2005 contre 9,5 % en Île-de-France.
  • C’est la première fois depuis plusieurs années que le chômage diminue très légèrement dans le département (- 0,1 %), cependant le taux de chômage reste le plus élevé de la région. On y compte presque 3 % de chômeurs en plus qu’à Paris et 4 % de plus que dans la région.
Source : DDTEFP, Aperçu mensuel - Marché du travail en Seine-Saint-Denis, octobre 2005 / Pauvreté-précarité en Seine-Saint-Denis, CPAM Seine-Saint-Denis, nov. 2005.

Précarité
  • La Seine-Saint-Denis compte 51 011 bénéficiaires du revenu minimum d’insertion au 30 juin 2005.
  • La Seine-Saint-Denis affiche un revenu moyen imposable, par contribuable imposable, de 21 974 euros en 2003. Malgré un taux d’évolution plus favorable que l’année précédente, la Seine-Saint-Denis a toujours le plus petit revenu moyen imposable et le plus faible taux d’évolution de la région (+ 3,6 % contre 7,2 % pour la région).
  • En 2003, la moitié des foyers fiscaux sont non imposés alors que les autres départements en compte plus ou moins un tiers.
  • Plus de la moitié de la population (55 %) bénéficie d’au moins une prestation CAF. 17 % des personnes qui résident en Seine-Saint-Denis appartiennent à un foyer qui vit en dessous du seuil de pauvreté*. Cette proportion ne dépasse pas 10 % dans les autres départements franciliens.
* Revenu par unité de consommation estimé à 718,97 euros mensuel pour une personne seule, 1 078,45 euros pour un couple sans enfant et 1 509,83 euros pour un couple avec deux enfants de moins de quatorze ans, pour les revenus 2002.
Source : INSEE, Île-de-France Regards sur… l’année économique et sociale 2004 / Pauvreté-précarité en Seine-Saint-Denis, CPAM Seine-Saint-Denis, nov. 2005 / Atlas de la santé en Île-de-France, IAURIF, 2005

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Publié dans histoire urbaine

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