recomposition politique et nouvelle seine -saint denis ?

Publié le par elkarati

 
Dominique Voynet ravit Montreuil à Jean-Pierre Brard (app. PCF)
OAS_AD('Frame1')
Consultez les dépêches vidéo des agences AFP et Reuters, en français et en anglais.

"C'est énorme !" A Montreuil, l'exclamation était la même dans les deux camps. La victoire au second tour de Dominique Voynet, 49 ans, contre Jean-Pierre Brard, 60 ans, a surpris tout le monde. Et tendu un peu plus l'atmosphère entre les partisans de l'ex-candidate verte à l'élection présidentielle et ceux du maire sortant apparenté PCF.

 

if ( undefined !== MIA.Pub.OAS.events ) { MIA.Pub.OAS.events["pubOAS_middle"] = "pubOAS_middle"; } En l'emportant dimanche par 54,2 % des voix contre 45,8 %, la sénatrice de Seine-Saint-Denis a fait un score inespéré avec plus de 5 700 voix d'avance. "Jamais un écolo n'avait géré une ville de plus de 100 000 habitants", s'est exclamée la nouvelle élue. "C'est la victoire de la gauche de demain et la reconnaissance d'une éthique", ajoutait-elle, se disant fière d'avoir "gagné contre les partis".

 

Il semble que l'écologiste ait bénéficié d'une forte lassitude à l'encontre d'un maire qui entendait repartir pour un cinquième mandat. "Les gens se sont rendu compte qu'une liste sans logo faisait presque jeu égal avec une liste des grands partis, et ça a libéré les choses", explique Mme Voynet, qui avait fait toute sa campagne contre le bilan de M. Brard.

L'examen des votes par bureaux montre que les électeurs de droite se sont mobilisés, malgré l'absence de candidats de l'UMP et du MoDem, en votant pour la liste de la candidate écologiste. "L'élection a tourné au référendum anti-Brard. Les résultats de Voynet montrent que son électorat est un agglomérat de voix de droite et d'abstentionnistes du premier tour", assure Olivier Madaule, secrétaire de la section du PCF. Mme Voynet ne nie pas cet apport de voix, mais estime que "les électeurs de droite qui ont voté pour (elle) l'ont fait par rejet des méthodes violentes du maire".

Jean-Pierre Brard n'a pas voulu commenter sa défaite et s'est vite éclipsé après avoir lu une courte déclaration, dans laquelle il assurait qu'"il y aura une opposition de gauche constructive mais raisonnée, pour faire en sorte que l'acquis ouvrier de Montreuil ne soit pas remis en cause". Ses alliés au PCF comme au PS restaient extrêmement prudents sur les raisons de l'échec. "C'est une défaite collective, mais nous devrons mesurer la responsabilité de Jean-Pierre Brard avec lucidité", expliquait Nicolas Voisin, ancien adjoint PS. "Quand les empires s'effondrent, ça tombe d'un coup", remarquait-on au PCF.

 

"BRAS CASSÉS"

 

La violence de la campagne va laisser des traces. Le ton demeurait à l'invective, dimanche. Alors que les partisans de Mme Voynet criaient de joie d'avoir "libéré Montreuil", les amis de M. Brard ne cachaient pas leurs inquiétudes. "C'est une équipe de bras cassés qui se met en place, avec beaucoup d'esprit de revanche. Ça va être très tendu dans les jours qui viennent", observait M. Madaule. "Je crains que cette nouvelle majorité composée d'intérêts très divers ne se révèle par une politique de rupture avec l'identité profonde de la ville", renchérissait Nicolas Voisin, ancien adjoint PS. "Notre résultat est d'autant plus remarquable que le PS avait choisi de reconduire l'alliance avec le dinosaure cryptocommuniste plutôt que d'entendre l'aspiration des citoyens", répondaient les Verts.

Dominique Voynet, elle, savourait sa victoire et un pari réussi : faire gagner la gauche sur son seul nom. Elle devra désormais choisir entre ses deux mandats. D'après les statuts des Verts, on ne peut cumuler les fonctions de maire et de sénatrice.

Sylvia Zappi
Publicité

Publié dans espace politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article