La Seine-Saint-Denis face à la crise

Publié le par noureddine elkarati

La Seine-Saint-Denis face à la crise Edition Seine-Saint-Denis | 09.12.2008, 07h00

 

 

 

NOTRE DOSSIER. Les illuminations de Noël démarreront plus tard à Pantin, au Bourget ou à Vaujours. A Sevran et à Aubervilliers, on renonce au champagne pour le buffet des voeux. A Montreuil, on se sépare des vacataires. A Bagnolet et à Aubervilliers, on vend une partie des voitures du parc municipal. Dans la plupart des communes du département, la crise fait sentir ses premiers effets et les élus anticipent une année difficile.
Nous avons interrogé les quarante maires de Seine-Saint-Denis en pleine préparation de leurs budgets 2009. Au moins neuf d'entre eux annoncent déjà une hausse des impôts.

Les recettes vont baisser

C'est une certitude pour presque tous les maires.

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Video : AUDIO : "On va réduire les frais"

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Bagnolet au régime sec
Montreuil surveillé par la prefecture
Le tableau des villes du 93
Le Bourget rogne même sur les sapins
D'abord parce que les ventes immobilières ralentissent, ce qui entraîne une diminution
des droits de mutation, ces taxes liées aux transactions de logements qui bénéficient aux collectivités locales (Saint-Denis devrait ainsi
perdre 400 000 €). La réforme de la taxe professionnelle entraînera, par ailleurs, des baisses de recettes, comme à Aulnay qui va perdre
ainsi 647 000 en 2009.
Autre grande inquiétude, celle du financement de l'Etat.Certes, la réforme de laDSU(dotation de solidarité urbaine) a été reportée d'une année, mais dès qu'elle sera appliquée, cela se traduira inévitablement par des pertes pour plusieurs villes du département, comme Les Lilas ou Le Bourget par exemple,même si quelques-unes des plus pauvres toucheront un peu plus.
Parmi les exceptions, Saint-Ouen, qui s'attend à une plus grande rentrée d'argent l'année prochaine grâce à l'arrivée sur son territoire de plusieurs entreprises nouvelles.


Le risque des prêts toxiques


On a beaucoup parlé de ces prêts structurés, souvent surnommés toxiques, qui composent plus de 97 % de la dette du département de
Seine-Saint-Denis. Les villes sont moins touchées par le phénomène : seules un quart d'entre elles en ont souscrit, avec un record
(47 %) pour Les Lilas. A les entendre, ce n'est pas ce qui inquiète le plus les maires. En leur permettant de rembourser les premières
années à des taux faibles, ces produits bancaires ont permis d'économiser de l'argent à la collectivité, assurent-ils. Pour la suite, ils sont
en train de négocier avec les banques afin de sortir de ce système risqué en cette période où les Bourses mondiales jouent au yoyo. Plus
grave est le problème du niveau d'endettement de certaines villes, qui leur bloque toutemarge de manoeuvre. Ainsi, Pantin a une dette
de 2 505 € par habitant,Montreuil de 2 219 € et Romainville de 2 040 €. Cen'estpas directement lié à la crise actuelle, mais cela n'arrange
pas les choses.


Des investissements retardés


Dans leur majorité, les maires annoncent qu'ils vont réaliser les investissements prévus en 2009. C'est même indispensable à la survie
des entreprises de travaux publics qui vont travailler sur les chantiers, ainsi que le rappellent lesmaires PC de La Courneuve,Gilles Poux, et
de Sevran, Stéphane Gatignon. Mais certains n'ont tout simplement pas le choix : la petite communedeGournay renonce ainsi à rénover
la cantine de l'école,Montreuil veut réviser à la baisse le projet Coeur-de-Ville, Noisy-le-Sec prévoit « une année de pause » tout comme
Bondy, Neuilly-sur-Marne met son projet de crèche « en suspens ». A Drancy, le projet de construction de 475 logements dans les quartiers
Gare et Quatre-Routes est annulé car la ville, qui doit vendre son terrain aux promoteurs, ne s'y retrouverait pas, vu la chute des
prix. A Pantin, ce sont des investisseurs privés qui ont du mal et pourraient retarder le projet du marché Magenta. A Rosny, le maire Nouveau
Centre,Claude Pernès, se demande si l'on ne devrait pas réfléchir à des partenariats public- privé pour les projets à venir. Partout, la
même interrogation : les banques vont-elles se remettre à prêter de l'argent aux collectivités. Si elles sont trop frileuses, aucun chantier ne
pourra démarrer.

Le Parisien

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Publié dans economie

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