Rencontre avec Madame Martine Bendahan : Déléguée Territoriale à l’antenne A.S.S.FA.M (Association Service Social Familial Migrants) de Seine-Saint-Denis

Publié le par noureddine elkarati

Rencontre avec Madame Martine Bendahan : Déléguée Territoriale à l’antenne A.S.S.FA.M (Association Service Social Familial Migrants) de Seine-Saint-Denis  

 

Martine Bendahan est assistante  sociale, métier noble et utile, tant les besoins et les demandes d’intégration sociale sont énormes, dans un département pluri-ethnique comme celui de la Seine-Saint-Denis ; d’autant que notre culture latine est très imprégnée  par les logiques institutionnelles et juridiques. De plus, en ces temps de crise, nous avons vraiment besoin des assistantes sociales et de leurs expertises .
Madame Bendahan, 48 ans ,est la responsable de l’antenne en  Seine –Saint-Denis, de l’association Service Social Familial Migrants, qui mène des missions de service public sur le département depuis très longtemps et dont les compétences en matière d’insertion des migrants  sont appréciées par les différents gouvernements de gauche ou de droite ,depuis 1951 ,date importante à retenir ,car c’est le pére Ghys ,un père blanc ,passionné par le développement de l’immigration nord -Africaine ,en particulier par son aspect villageois et familial ,qui a crée  cette association .Peu de temps après sa création ,elle a élargie son champ d’action à toutes les migrations familiales .

Martine Bendahan est responsable de l’antenne de Seine-Saint-Denis depuis décembre 1996. Elle avait débuté sa carrière d’assistante sociale au Conseil Général, DDASS de Seine-Saint-Denis et cela depuis 1983 .Elle a fait le choix de notre département parce qu’elle voulait « faire du terrain » .Après des études d’assistante sociale et un mémoire sur l’acculturation en France des Juifs de Djerba, elle s’installe à Pantin au début des années 80. Elle souhaite travailler à l’insertion sociale des populations les plus fragiles ,dans la zone « pauvre » de Montfermeil-Clichy sous Bois. A l’époque ,la prolétarisation des grands ensembles et la crise du mal vivre exigeaient une intervention efficace de l’Etat ,et  ce depuis les lois de décentralisation de 1982. Pour Madame Bendahan ,c’est une période épique de la crise de l’habitat et de la co-propriété notamment dans le quartier des Bosquets à montfermeil et à la cité La forestière de clichy sous bois. Pour Madame Bendahan ,ce mal de vivre existe encore de nos jours en Seine-Saint-Denis. Elle ajoute que la précarité, ce fameux mot ,touche toute la Seine-Saint-Denis. De plus, elle note que les français de souche ,même des couches moyennes, ont maintenant du mal à vivre ,désaffiliés. Elle nous le confirme ,en 2008, que la précarité gangrène le département que l’ASSFAM connaît très bien car elle y est installée depuis 1973 .

Elle nous demande de prendre note : les populations migrantes ciblées par son association de Seine-Saint-Denis sont les jeunes ,les vieux immigrés ,et les femmes en difficulté d’insertion . Ce n’est pas tant la langue qui pose problème pour les migrants ,car ils arrivent de plus en plus avec un niveau d’étude très élevé ,souvent ils viennent rejoindre un conjoint, une conjointe, mais ils ont des difficulté pour s’insérer sur la marché du travail ,ou ne savent pas comment faire .Les jeunes Africains  sont pour Madame Bendahan en profonde crise d’identité ,et ne connaissent parfois même pas le  nom du pays d’origine des parents .Un énorme effort d’éducation reste à faire pour ces jeunes déboussolés .

Concernant les vieux immigrés ,en particulier ,Maghrébins ,le problème est difficile à traiter ,alors que l’immigration maghrébine est certes mieux intégrée qu’avant ,mais elle laisse dans la solitude et le désoeuvrement ces vieux. Madame Bendahan ajoute que ‘l’ on ne trouve pas d’interlocuteurs dans l’immigration maghrébine ,comme si cette immigration avait adopté une stratégie d’assimilation ,ce qui est pour elle ,une lourde erreur. « Tout en s’insérant ,on se doit de préserver sa culture d’origine . »

Elle sait de quoi elle parle Madame Bendahan ,elle qui est arrivée en France tout bébé ,en provenance d’Algérie .Le déracinement et l’acculturation sont des questions qu’elle maîtrise parfaitement bien .Elle se voit finir sa vie professionnelle peut être dans l’enseignement de la pédagogie du travail social. Mais quand elle partira,( ce n’est pas pour tout de suite ) elle gardera un très bon souvenir de la Seine-Saint-Denis, un département où les politiques laissent travailler les assistantes sociales dans la liberté et sans contrainte, un département pilote en France  pour son ingénierie sociale ,qu’elle aime en définitive.

 

  noureddine elkarati ,septembre 2008

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