une analyse économique de la Seine -Saint -Denis

Publié le par noureddine elkarati

La Seine-Saint-Denis s'étend sur 236 km² et compte 1 459 000 habitants au 1er janvier 2005. Ce département se caractérise ainsi par une densité élevée (6 180 habitants au km²) et par une forte urbanisation, près de 60 % des communes comptant plus de 30 000 habitants.

Un territoire attractif à proximité de Paris

Le département jouit d’une attractivité économique certaine qui se traduit par le premier taux de créations d'entreprises régional avec près de 7 700 entités créées en 2005.

La proximité de la capitale, alliée à un réseau de transports d'une grande densité (métro, RER, connexions TGV trans-européennes), constitue un atout majeur pour le département. A cela s'ajoutent de larges disponibilités foncières, des coûts faibles pour la petite couronne parisienne et une irrigation abondante par les télécommunications à haut débit.

Autre facteur de développement de premier ordre, la présence de grandes infrastructures : deux parcs d’expositions, Paris-Nord-Villepinte et Le Bourget, le Stade de France et surtout des aéroports internationaux de Roissy-Charles-de-Gaulle et du Bourget.

C’est l'ouest du département et le pourtour de la capitale qui sont les plus denses économiquement et les plus urbanisés. Mais la pointe nord-est du département abrite également un pôle économique majeur, autour de l’aéroport de Roissy, des plates-formes logistiques SOGARIS et GARONOR et du Parc international d’activités Paris Nord 2.

A l'est se trouvent en revanche des zones plutôt pavillonnaires, voire rurales, avec des activités économiques dans l'ensemble plus traditionnelles ; tout au sud-est, la commune de Noisy-le-Grand qui fait partie de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée, accueille toutefois le plus vaste pôle tertiaire de l'Est parisien, le quartier Mont d'Est.

L'industrie : une activité ancienne relayée par la tertiarisation de l’économie

L'industrie était traditionnellement très implantée en Seine-Saint-Denis. Mais en 2005, avec 42 400 salariés, elle ne représente plus que 8,2 % de l'emploi salarié départemental, soit une part inférieure à la moyenne francilienne (8,8 %). Avec cette proportion, le département se place seulement à la sixième position régionale. En revanche, les emplois industriels ont un contenu de fabrication très marqué dans le département. La population de la Seine-Saint-Denis se caractérise d’ailleurs par la plus forte proportion d’ouvriers d’Ile-de-France.

Comme la plupart des autres départements franciliens, la Seine-Saint-Denis a subi une forte "désindustrialisation" depuis plusieurs décennies, qui s'est traduite par une chute importante des effectifs, de moitié depuis 1990. Entre 1995 et 2005, l’emploi industriel a baissé de 32 % (contre - 23 % dans l’ensemble de l’Ile-de-France). Par ailleurs, la croissance de secteur tertiaire n’a compensé que partiellement le recul de l’emploi industriel.

Dans le secteur tertiaire, ce sont les services aux particuliers et les services aux entreprises qui connaissent le développement le plus net : ils ont augmenté leurs effectifs de respectivement 56 % et 47 % de 1995 à 2005. Ils restent malgré cela sous-représentés dans le département, par rapport à l'Ile-de-France. Le secteur du transport, renforcé par la présence de plusieurs plates-formes logistiques, a connu lui aussi une forte croissance, avec une augmentation des effectifs salariés de 40 % entre 1995 et 2005. Le transport et le commerce sont aujourd'hui les deux spécialisations principales sectorielles tertiaires de la Seine-Saint-Denis.

Trois filières majeures : l'image, l’habillement-textile et l'édition-imprimerie-reproduction

Aujourd'hui, les activités liées à l'image et au multimédia font partie des secteurs les plus porteurs en Seine-Saint-Denis. Il s'agit plus particulièrement de prestations techniques (les donneurs d'ordres étant majoritairement situés à Paris et dans les Hauts-de-Seine) et d'activités innovantes. Le département regroupe plus de 200 entreprises de la filière audiovisuelle - avec des leaders comme AB Productions, le groupe Carrère ou encore Dubbing Brothers - et 5 des 10 grands studios de cinéma français sont situés dans le département. Ceci contribue à faire de la Seine-Saint-Denis l'un des territoires piliers du pôle de compétitivité francilien Cap Digital Paris Region, labellisé comme pôle à vocation mondiale par les pouvoirs publics en juillet 2005.

L’habillement-cuir, plus forte spécialisation industrielle de la Seine-Saint-Denis, emploie près de 5 000 salariés en 2005, soit 22 % des effectifs régionaux du secteur. Cela correspond au deuxième rang régional après Paris, ces deux départements représentant les quatre cinquièmes des effectifs franciliens. Ce secteur est le seul de l’industrie à avoir vu ses effectifs augmenter en Seine-Saint-Denis entre 1995 et 2005 (de 7 %, à contre-courant d'un recul de 39 % au plan régional). Il pèse désormais 12 % de l'emploi salarié industriel départemental. L'industrie textile et le commerce de gros d'habillement-textile, secteurs qui font partie intégrante de la filière de l'habillement, figurent également parmi les fortes spécialisations économiques de la Seine-Saint-Denis.

En fait, le département a bénéficié du transfert de sièges sociaux, d’unités de production et d’entreposage venant de Paris, en majorité du Sentier. Les facilités d’accès en termes de logistique, un coût foncier plus avantageux couplé avec la proximité parisienne expliquent ces mouvements. La majorité des entreprises est localisée dans les communes proches de la capitale, en particulier à Aubervilliers, à Pantin, à La Courneuve et au Pré-Saint-Gervais.

L’édition-imprimerie-reproduction, premier secteur industriel du département au nombre total d'emplois, occupe 6 000 salariés en 2005 (soit 14 % des emplois industriels du département). Entre 1995 et 2005, elle a connu une diminution de 17 % de ses effectifs, une baisse modérée par rapport à celle d’autres secteurs industriels. C'est surtout le secteur de la presse (impression, édition de journaux et de périodiques) qui est la spécialité départementale. De grands journaux nationaux comme Les Echos, le Parisien, l’Equipe, Le Figaro, Libération, l’Humanité sont ainsi imprimés en Seine-Saint-Denis et les deux plus grands établissements d'impression presse de la région sont implantés à Saint-Denis (Centre Impression Presse Parisienne) et Tremblay (Roissy-Print). L'édition de journaux est notamment représentée par SNC le Parisien Libéré et l'édition de l'Humanité.

La sous-traitance, l'un des piliers de l'industrie séquano-dionysienne

Les équipements mécaniques et la métallurgie-transformation des métaux figurent également parmi les secteurs les mieux représentés dans le département. Ils regroupent majoritairement des activités de sous-traitance pour l'industrie automobile, l'aéronautique ou encore la défense. Grand pourvoyeur d’emplois dans l’industrie départementale (5 200 emplois), les équipements mécaniques ont néanmoins enregistré une diminution de 37 % du nombre de leurs salariés sur la période 1995-2005. Les établissements sont principalement répartis sur les communes limitrophes de Paris et sur l’axe Saint-Denis - Roissy (les plus grands établissements du département étant ELM Leblanc à Drancy et Alstom à La Courneuve).

La métallurgie-transformation des métaux possède un profil comparable, c'est à dire un poids important dans le département (3 900 salariés, soit 9 % des effectifs de l'industrie), en déclin (baisse de 44 % de l'emploi salarié sur la période 1995-2005). Les activités se répartissent sur tout le territoire, mais sont plus importantes au sud-ouest (Noisy-le-Grand, Montreuil).

Quant à l'industrie automobile et à l'aéronautique-navale-ferroviaire, ils sont légèrement sur-représentés en Seine-Saint-Denis par rapport à la moyenne régionale. Mais leurs emplois sont regroupés dans un nombre restreint de grands établissements. Dans l'industrie automobile, deux sites du groupe PSA Peugeot Citroën, à St-Ouen (700 salariés) et à Aulnay-sous-Bois (plus de 5 000 salariés) regroupent plus des trois quarts des effectifs salariés ; dans l'aéronautique-navale-ferroviaire, la situation est moins tranchée, mais Alstom (Saint-Ouen) et Eurocopter (La Courneuve) pèsent environ la moitié de l'emploi du secteur.

L'existence d'un pôle de formation et de recherche

Le département compte plusieurs grands pôles d'enseignement supérieur, dont deux universités (Paris VIII et XIII), plusieurs écoles d'ingénieurs (l’ISMCM-CESTI à Saint-Ouen, l’ESIEE et l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées à Noisy-le-Grand…) et quatre IUT (Villetaneuse, Saint-Denis, Bobigny et Tremblay). Sont également présents plusieurs centres de recherche privée : Aventis, Eurocopter, Alsthom, Rhodia Recherches, L’Oréal, Saint-Gobain Recherches. Le département héberge ainsi 4 600 chercheurs dont 60 % appartiennent au secteur privé. Ce potentiel en recherche situe la Seine-Saint-Denis dans la moyenne des départements franciliens.

 

SOURCE:

  • la Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement, représentée par son Directeur régional par intérim, Patrice GRELICHE ;
  • la Chambre régionale de commerce et d'industrie Paris - Ile-de-France, représentée par son Président, Pierre SIMON ;
  • la Chambre de commerce et d'industrie de Paris, représentée par son Président, Pierre SIMON; 
  • la direction régionale d'Ile-de-France de l'Institut national de la statistique et des études économiques, représentée par sa Directrice régionale, Sylvie MARCHAND.
   
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Publié dans economie

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