Dieu et le "93": le diocése de Seine-Saint-Denis
source ; le site du diocése de Seine-Saint-Denis
Le diocèse de Seine-Saint-Denis a plus de quarante ans : il a été créé en 1966. Le Père Le Cordier en a été nommé évêque le 9 octobre 1966, la même année que les départements de la Seine et de la Seine-et-Oise étaient découpés pour former les nouveaux départements de l'Ile de France. Pourtant l'histoire de l'Eglise en ce département est une longue histoire ...
Au milieu du IIIème siècle, Denis, premier évêque de Paris selon Grégoire de Tours, fait partager sa foi en Jésus-Christ avec ses deux compagnons, l'un prêtre, l'autre diacre, Rustique et Eleuthère. Emprisonnés par les Romains, ils sont décapités et meurent en martyrs sans renier leur foi.
En 475, sainte Geneviève fait établir une première communauté sur le site actuel de la cathédrale de Saint-Denis. Elle propage le culte de Denis dont la légende dit qu'il se serait redressé après son martyre, et aurait porté sa tête dans ses bras depuis Montmartre jusqu'à l'emplacement actuel de la basilique. C'est sur ce même lieu, en l'an 630, que le roi Dagobert fait bâtir une église. Il s'y fait enterrer en 639. En juillet 754, Pépin le Bref, le fils de Charles Martel, maire du palais, reçoit dans la basilique le saint chrême royal des mains du pape Etienne II. C'est l'origine d'une longue histoire royale de la basilique-nécropole, rehaussée et embellie par l'abbé Suger (1122-1151) au XIIème siècle.
En 1757, la ville de Saint Denis n'a encore que 3.000 habitants. Son développement s'est essentiellement réalisé grâce à l'industrialisation axée sur la métallurgie lourde, en bénéficiant de l'apport successif de population venant d'ailleurs : au XIXème siècle, des provinciaux, notamment Picards, Bretons, Alsaciens - au XXème siècle, des Espagnols, des Polonais, des Italiens, et des Portugais, bientôt relayés par les peuples du Maghreb, et plus tard, des Antilles, de la Guyane ou de la Réunion, puis par les Cap-Verdiens, les Africains de l'Ouest, les réfugiés politiques du Sri-Lanka ou du Sud-Est asiatique, sans parler des populations des anciens comptoirs français de l'Inde du Sud.
L'industrialisation dans le département s'est faite globalement hors de l'influence chrétienne, sinon par l'apport de petites communautés provinciales ou latines. Le mouvement ouvrier, bien implanté dans cette " banlieue rouge ", s'est développé et organisé souvent contre l'Eglise, perçue comme dépendante de la grande bourgeoisie de l'époque. Les églises bâties dans les années 1930 sont des points de repères sur fond d'indifférence assez générale sinon d'hostilité.
Dans cette ambiance, des chrétiens ont su donner courageusement le témoignage d'une présence et d'un engagement aux côtés des plus démunis, des plus exploités. Ils ont permis que se développe peu à peu un climat d'estime et de confiance. Les mouvements d'Action Catholique, notamment en monde ouvrier, ont été et demeurent une école apostolique qui a marqué toute une génération de " militants " de l'Evangile au cœur de ce département.
Aujourd'hui, la physionomie du département a bien changé avec la disparition depuis ces 20 dernières années des grandes entreprises industrielles. Des réalités nouvelles demandent à être prises en compte, comme les bassins d'emploi de Roissy-Paris Nord II et de la Plaine-Saint-Denis. Actuellement, la Seine-Saint-Denis compte environ 1.400.000 habitants.
La pratique religieuse est faible. On rencontre une grande diversité de pratiques, soit chrétiennes (catholiques, orthodoxes ou protestantes), soit juives (environ 150.000 séfarades, pour la plupart venus d'Afrique du Nord et pourvus d'un bon réseau de synagogues), soit musulmanes, soit hindouistes ou bouddhistes. Dans plusieurs des villes du département, les habitants d'origine musulmane sont très nombreux- majoritaires dans certains quartiers; pour autant, les communautés musulmanes ne disposent pas toujours d'une mosquée, mais plus souvent de salles de prières mal adaptées à leurs besoins. Enfin même s'il est difficile. Même s'il est difficile d'en évaluer l'importance numérique, les sectes ou les communautés fondamentalistes se développent, menaçant particulièrement, mais non exclusivement, les Africains.
Pour les 40 villes du département, on dénombre 84 paroisses et 114 lieux de culte (84 églises et 30 chapelles). Il y a 122 prêtres diocésains, dont 78 actifs sur le diocèse, et 26 diacres permanents. Le diocèse compte 50 communautés de religieux de 42 congrégations différentes.
37 laïcs ou religieux ont une responsabilité pastorale en paroisse, dans les Mouvements ou l'Enseignement catholique. De plus, il y a 71 E.A.P. (équipe d'animation paroissiale) et 12 E.P. (équipe pastorale, avec un prêtre modérateur).
Notre département a une moyenne d'âge très jeune et une population migrante importante : ces deux constatations appellent des efforts importants pour proposer une Pastorale des jeunes dynamique, et pour permettre peu à peu que les catholiques venant d'autres pays et d'autres cultures puissent prendre leur place au sein de notre Eglise diocésaine. Un troisième effort concerne la formation diversifiée des laïcs, selon les différents niveaux de responsabilité qu'ils sont appelés à remplir ou qu'ils portent déjà.
Au cœur de notre département, auprès des hommes et des femmes, des enfants, des jeunes et des adultes côtoyés au quotidien, diversement croyants, comment " vivre et annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ " ? Ce titre, c'était celui des Orientations diocésaines promulguées à Saint-Denis le 9 octobre 1993. On y exprime cette conviction fondamentale : " c'est dans la vie de tous les jours que, depuis l'incarnation du Fils de Dieu, les chrétiens essayent de traduire en actes l'Evangile. Ils tente nt de faire connaître l'amour que le Père a pour tous les hommes en son fils Jésus-Christ, qu'il a ressuscité d'entre les morts. Cela requiert le courage et l'audace des prophètes, la lumière et la force de l'Esprit Saint ".
Le Synode diocésain qui s'est tenu au cours des années 1998-2000 s'inscrit dans cette lignée. Il en a repris le dynamisme avec " Vivre, annoncer et célébrer l'Evangile de Jésus-Christ ", et traduit ces perspectives dans le Texte d'Orientation " L'Evangile dans la ville " promulgué en la fête de la Saint-Denis, le 8 octobre 2000.
" ... Que tous les hommes, les femmes, les jeunes et les enfants de chez nous puissent rencontrer chez les chrétiens des frères et des sœurs qui aiment " en action et avec vérité " (1 Jn 3,18) " (extrait de la présentation du Texte d'Orientation, signé du Père Olivier de Berranger).
« CHEMINS D'AVENIR POUR NOTRE ÉGLISE »
Le 9 Octobre 2005 l'évêque propose une nouvelle étape diocésaine avec le document « Chemins d'avenir pour notre Église ». Il prolonge la réflexion engagée cinq ans plus tôt sur les trois dimensions de la vie de l'Eglise : Vivre, Annoncer, Célébrer l'Evangile dans la ville. Avec deux objectifs principaux : le développement de communautés chrétiennes de proximité et la constitution d'équipes pastorales par ville ou secteur.