géographie de l'immoblier en Seine -Saint -Denis

Publié le par noureddine elkarati

Géographie du prix de l’immobilier en Saint –Saint-Denis

 

Le logement, en particulier celui du parc social, est en crise dans la région parisienne .On note qu’il y a prés de 400 000 demandes de logements sociaux en Ile –de –France en 2007, dont plus de 50 000 , rien que dans  le département de Seine –Saint-Denis. Les communes de Seine –Saint –Denis et plus généralement ceux de la petite couronne sont démunies face à cette forte demande ,et réclament une définition d’une politique de logement au niveau de la région comme le note le rapport Dallier sur le Grand Paris . 

Il ne reste plus comme solution face à la pénurie de logements sociaux que celui d’être propriétaire de son logement .Acheter son logement correspond à la  solution idéale pour 80 % des Français et il est vécu comme le projet d’une vie .Entre 1954 et 2006,le taux de propriétaire est passé  de 35% à 57% ,ce qui a contribué à tripler le nombre de ménages détenteurs de leur logement (15 millions ) .Mais bien qu’il y ait une forte aspiration à l’ achat et une forte demande ,les coûts d’acquisition d’un logement constituent de plus en plus une barrière infranchissable .

Au premier trimestre 2008, les transactions dans l’ancien et le neuf ont fortement chuté. L’explication réside dans la hausse des taux d’intérêts et des crédits immobiliers avec des prix élevés, ainsi que des banques peu prêteuses.

 Dans un département, comme celui de la Seine –Saint-Denis où le revenu moyen est faible, il est devenu difficile d’acheter son logement .On est estime que les ménages qui gagnent moins de 26 000 euros par an ,ne représentent plus que 20% des acquéreurs d’une résidence en 2006 ,contre 40% en 2000. Il fallait 2,5 années de revenu pour rembourser son logement entre 1999 et 2005 ,il faut désormais plus de 4 années de revenu.

Pourtant le département reste le moins cher de la petite couronne. Alors que le prix moyen du mettre carré est en Ile –de – France de 3430 euros ,il est à Aulnay –Sous –Bois de 2500euros ,et même à Saint –Ouen ,prés du métro ,il est de 3000 euros ,il est même de 1735 euros le mètre carrée à Clichy –sous –Bois !,il est vrai que c’est la commune la plus « pauvre » du département ,mais même une ville riche comme Le Raincy est dans la moyenne du prix du métre carré en Ile –de-France avec 3441euros . Il fût  un temps pas si lointain où Le Raincy était la ville la plus chère  du  département ,ce n’est plus le cas aujourd’hui une nouvelle configuration  de la « gentryfication » ou de l’embourgeoisement se dessine dans le département . La bourgeoisie urbaine des « bobos » s’installe dans les communes riveraines de Paris .On estime que chaque année 3000 familles quittent Paris pour s’installer dans la Seine –Saint –Denis . On pense même que la victoire de Dominique Voynet à Montreuil face au communiste Jean Pierre Brard serait la conséquence de l’arrivée de cette nouvelle population de sociabilité urbaine et de culture citadine.

 Ces nouvelles populations s’installent prés des métro, profitant du maillage dense du réseau d’autobus de la RATP ,dans les villes de Montreuil,Les Lilas( qui est la ville la plus chère  du département avec 3969 euros le mètre carré) , à Pantin ,Romainville ,Bagnolet ,Aubervilliers ,Saint –Ouen (3096 euros le mètre carré ).La motivation de ces familles qui ne peuvent pas bénéficier de grands appartements à Paris est d’avoir une ou deux pièces supplémentaires ,et de profiter des politiques attrayantes des municipalités dans le domaine de la petite enfance (crèches ) , et de la prise de charge des collégiens après la classe .Ainsi à Saint –Ouen ,la municipalité communiste consacre plus de 50% du budget de fonctionnement des services publics à la politique de l’enfance et à la prise en charge des scolaires .

Comment se présente la géographie de l’immobilier en Seine –Saint –Denis ?

C’est dans le secteur de  Saint –Denis- Saint- Ouen que l’on construit le plus en Seine –Saint –Denis avec plus de 42% des ventes en 2007. Il faut noter que les prix sont relativement bas tout au long des villes que traverse le RER B : Aubervilliers (2728 euros le metre carré ) ,La Courneuve (2455 euros ) Sevran (2140 euros ) ,et même Tremblay en France ,la commune la plus riche de Seine –Saint-Denis avec son  gros potentiel d’emploi  qu’est le pôle de  Roissy est abordable avec 2553 le prix du mètre carré . Les prix du reste restent dans les pôles moins chers que  dans les villes proches de Paris ,ainsi à Noisy le Grand ,le prix du mètre carré est de 2943 euros. Ce n’est donc pas le potentiel d’emploi qui est fortement la variable déterminante ,mais la recherche de la centralité urbaine .la culture vaut plus que l’emploi ! et entre le prix du mètre carré dans le 16 arrondissement dans un bel immeuble haussmannien  à 10 000 euros le mettre carré et Clichy –sous –Bois avec 1735 euros le mètre carré  ,un univers social sépare la Seine –Saint –Denis de Paris .Une ségrégation résidentielle que malheureusement les louables idées du rapport Dallier  sur   le Grand Paris n'arrivera pas à combattre.

noureddine elkarati ,le 3 juin 2008 

 

 

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Publié dans geographie

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