Malgré des chiffres alarmants, la ville de 100 000 habitants semble tranquille

Publié le par noureddine elkarati

Saint-Denis en tête des violences

Le plus grand nombre de vols et de coups et blessures y est recensé

 

 

Malgré des chiffres alarmants, la ville de 100 000 habitants semble tranquille.

La Seine-Saint-Denis (93) est le département le moins sûr en France. D’après les chiffres rendus publics hier par la direction centrale de la police judiciaire, sur les dix villes les moins sûres de France, huit font partie du département. En tête du classement, Saint-Denis, suivi par ses voisins Auber­villiers, Stains, La Courneuve, Saint-Ouen, Bobigny et Aulnay-sous-Bois. Malgré ces chiffres (qui ne prennent en compte que des faits ayant abouti à une plainte), la ville n’est pas jugée par ses habitants comme étant dangereuse.

Calme en général
Hier, à la station Basilique-de-Saint-Denis, les passants n’avaient pas l’air affolés. “Des bagarres, il y en a, mais pas plus qu’ailleurs, confie Rachid, 17 ans. On en entend parler, mais finalement, on ne les voit pas.”

Classement
Vols violents et coups et blessures volontaires pour 1 000 habitants en Ile-de-France
• Saint-Denis : 31,27
• Aubervilliers : 19,49
• Stains : 19,25
• La Courneuve : 19,02
• Saint-Ouen : 18,54
• Bobigny : 17,34

Nés et élevés dans la ville, l’adolescent et son copain Samir ne comptent pas la quitter. Ce qui leur plaît ici : “Les filles !” Au troquet du coin, Amar, serveur, affirme n’avoir jamais eu de problème. “Je finis tard, souvent après minuit, mais il ne m’est jamais rien arrivé.” Sa collègue Malika est un peu plus réservée : “Ici, en terrasse, on ne peut pas laisser son sac sur une chaise ou son portable sur la table, dans les arrondissements chic de Paris c’est possible. La journée comme la nuit, il y a beaucoup de vols à l’arraché.”

Michaël, lui, a remarqué une recrudescence des violences. “C’est bientôt l’été, les jeunes cherchent de l’argent pour partir en va­cances. Les sacs et les portables volés, en ce moment c’est fréquent”.

Police adaptée
Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, a lancé dans le département des unités territoriales de quartier (UTQ), police de proximité à vocation opérationnelle. Flo­rence Haye, adjointe (PCF) chargée de la tranquillité publique de Saint-Denis, considère que les effectifs de police (300 policiers pour 100 000 habitants et environ 60 000 passants) ne sont pas suffisants. “Il faut des policiers formés, qui connaissent la population, et pas des CRS qui débarquent dans les quartiers et qui repartent…”.

> Aurélie Sarrot
Metrofrance.com, à Paris

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Publié dans histoire urbaine

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