le 93:bastion des refondateurs (suite )
La Seine –Saint –Denis : bastion des refondateurs
Face à la mutation, les refondateurs communistes choisissent les débats d’idées. Au milieu des années 90, les refondateurs communistes qui sont pour la plupart des élus s’attardent à donner un contenu politique et culturel à leurs idées. Ainsi au sujet de la préparation des élections municipales de 1995 les refondateurs entendent défendre leurs bastions, et prônent une autre manière de gérer la ville dans le cadre d’une démocratie participative, et face à la crise du lien social et du local, les refondateurs veulent s’émerger dans la réalité de la crise. C’est le but des rencontres d’Aubervilliers organisé par la revue « Futurs ». C’est que les refondateurs sont particulièrement bien implanté en Seine –Saint –Denis .
Historiquement c’est l’éviction de François Asensi du comité central et de la fédération de Seine –Saint –Denis du PCF en 1985 qui a cristallisé la contestation, malgré la normalisation opéré par René Leguen au nom de la direction nationale. C’est que François Asensi était particulièrement bien implanté en Seine –Saint –Denis. Il dirigea la fédération de 1979 à 1985 et était membre du comité central depuis 1982. François Asenci a eu le soutien en 1985 de Georges Prudhomme et de beaucoup de maires du département. François Asenci a eu l’appui et l’affection de Marcelin Berthelot, député –maire de Saint –Denis, décédé en 1997.
Ce député –maire de Saint –Denis, ville centrale de la banlieue rouge, était devenu dans les années 80, de plus en plus critique envers certains aspects de la politique du PCF. En 1985, il blâmait publiquement l’action musclée de certains élus du département contre le président Mitterrand venu inaugurer à Saint –Denis les nouveaux bâtiments de l’école de la légion d’honneur. En 1989, lors de la chute des régimes communistes de l’Europe de l’Est, particulièrement celui de la Roumanie, Marcelin Berthelot s’engagea dans une réflexion sur les rapports du socialisme et de la liberté faisant part aux Dionysiens de son trouble .Il devenait ainsi une des figures du mouvement des refondateurs.
En 1991, il renonçait volontairement à la mairie de Saint –Denis, et parvenait à imposer Patrick Braouzec contre le choix initial de la section communiste et de la fédération de Seine –Saint –Denis ,dirigé alors par Jean louis Mons .
Successeur de Marcelin Berthelot à la mairie de Saint –Denis en 1991 et député à partir de 1993 , Patrick Braouzec est devenu un des leaders de la contestation interne à l’intérieur du PCF et une figure incontournable du mouvement des refondateurs.Né le 11 décembre 1950 à Paris dans une famille modeste ,il a adhéré au PCF à l’âge de 22 ans ,sans avoir jamais été un permanent du Parti. Il a conservé son poste d’instituteur jusqu’en 1990. Patrick Braouzec croit aux valeurs du communisme, à savoir l’idée de partage, de solidarité et de mise en commun, mais il ne croit plus à la forme parti. Pour lui la structure d’un parti politique n’est plus à même de représenter la diversité du monde social ,il pense même que le but de la politique n’est pas exclusivement l’exercice du pouvoir.
Au cours du 31e congrès à Saint –Denis, il a développé sa conception de la gestion communiste, tout en promettant au communisme « de beaux lendemains ». Patrick Braouezec croit « qu’il est possible d’être du côté des pauvres et aux cotés des intellectuels, d’inciter les chefs d’entreprises à investir sur le territoire et de défendre les salariés de ces mêmes entreprises quand ils luttent. De ne jamais être du côté du discours sécuritaire et d’exiger pour chacun le droit à la dignité et aux respects ,d’être ouverts à tous et fermes sur nos valeurs ,bref d’être communiste » .
Tous ces éléments expliquent que la Seine –Saint –Denis est aujourd’hui autour de François Asenci et de Patrick Braouezc, l’espace des refondateurs et en 2007 des « communistes unitaires ».