la seine -saint-denis : problématique ?
C'est en 1964 que le département a été constitué à partir de la volonté de l’Etat et de l'implication de certaines collectivités locales. Ce territoire a confirmé son identité populaire. Il demeure un des principaux bastions du communisme municipal. Mais des lignes de fracture se dessinent : entre le Nord et le Sud du département, entre les secteurs relativement dynamiques et ceux classés "zones sensibles", entre zones denses et celles difficilement accessibles, entre cités et pavillons…
Aux trois extrémités du département, les pôles de La Plaine-Saint-Denis, Roissy Charles-de-Gaulle, Noisy-Mont d’Est accueillent maintenant de nombreuses entreprises principalement tertiaires.
Outre le développement de l'immobilier de bureaux, de nombreux programmes de logements sociaux et de logements privés sont destinés à accueillir de nouveaux habitants, dans le cadre d'une "mixité sociale" inégalement revendiquée. Mais ici habite aussi de longue date une population ouvrière (française et étrangère) dont le devenir est incertain. Habitants ou professionnels, les populations qui se croisent en Seine-Saint-Denis subissent des pressions contradictoires : pression foncière de la proximité de Paris, logique économique de certains secteurs comme celui des nouvelles technologies de l’information et de la communication, logique sociale de l’appartenance à un des départements les plus populaires de France, logique politique d’une gouvernance décentralisée.
Les logiques d'exclusion sont toujours à l'œuvre. Est-il possible de concilier des impératifs de développement économique et un soutien des populations existantes, leur enracinement et leur ascension sociale ? De grosses entreprises sont venues s'installer, obéissant à des logiques d'opportunités économiques dans un cadre mondialisé. Dans le même temps, des poches de pauvreté semblent piéger des populations en grandes difficultés sociales, ou bien issues de l'immigration. Que vont-elles devenir ? Comment vont-elles subsister vu la faiblesse des créations d'emplois peu qualifiés ? Comment "faire" un département alors que les populations sont fragmentées et soumises à des dynamiques résidentielles et professionnelles qu’elles ne maîtrisent pas ?
La question de la légitimité démocratique n’est pas moins difficile. La plupart des communes ont développé une pratique de concertation avec les habitants. Comment fonctionne cette démarche participative ? Quels sont les atouts et les limites de l’expérimentation ?